le carnet du lait

2 décembre 2011

Quand Bruxelles bruxellait …

Publié par lutiner dans feuillaiton

Épisode 1 : où l’on parle de Julia Roberts, de Tintin, de manucure, de Zola, d’Haroun Tazieff, du cirque Medrano, de l’Homme de Fer, de gastronomie aérienne…et de Destop.

 

 

 

Je vous entends déjà persiffler : Luc veut faire un Boucaut de lui-même en vous narrant par le menu l’épopée bruxelloise qui a commencé mercredi soir. Je n’ai pas le sens de la formule du susnommé, mais je me fais fort de vous divertir un peu, pauvres sédentaires qui n’avez pas la chance inouïe de découvrir une ville inconnue.

C’est donc attablé dans le TGV qui nous mène à Bruxelles que je commence le récit pour le moins épique de nos aventures au pays de la B.D.

Au début était la Matrix, celle de Sophie roulant sur la 20 Ouest vers Dorval, alors que le soleil incendiait l’horizon et que nous devisions tous gaiement. Lionel était déguisé en ébéniste et Sophie en femme d’affaires, tandis que nous, dans nos tenues aérées avions l’air (costaud ça, aérées-avions-air dans le même bout de phrase) déjà absents. Le débarquement fut suivi de quelques embrassades et quelques signes de la main. Le couple à la Matrix retournait chez lui et les portes de l’aéroport se refermaient sur nous. Ça y est ! Enfin presque, parce qu’une espèce de professeur Tournesol à kippa poussait dangereusement un charriot, les boudins au vent, dans notre direction sans s’excuser auprès de la frêle agente d’Air France qu’il a à moitié bousculée et les yeux noirs, il psalmodiait sans cesse : « I have change to do ! ». Nous n’étions pas encore arrivés à Bruxelles que nous étions déjà dans la caricature.

Peu de monde aux guichets d’enregistrement et en moins de temps qu’il faut pour l’écrire, nous avions passé la sécurité et Isabelle se faisait manucurer par une accorte Cubaine. Tandis qu’elle avait enfilé sa main gauche dans une espèce de moule à gaufre, je décidai de visiter la boutique Duty Free pour me faire une petite idée des prix pratiqués. Ça ne m’avance à rien puisque je ne suis même pas foutu de me rappeler les prix montréalais. Alors je me mis à déambuler au hasard en attendant que la main droite de ma douce sorte enfin du four. J’achetai un journal, me mis à le lire, me levai, léchai une vitrine et fit quelques entrechats. Ça doit être pour ça que les halls de gare s’appellent « salle des pas perdus ». Tuer le temps, parce que des doigts, elle en a dix. La voilà qui me fait un signe de la main au bout de laquelle scintillent cinq rubis qu’elle a payés… sur l’ongle (la pognez-vous ?).

Assis dans l’avion, un vieux 747 qui aurait dû déjà être au rebut selon Alain Venot, mais qui tardait à vouloir prendre sa retraite. Pas d’écrans vidéos individuels, mais de vieux écrans placés au-dessus des allées et où l’image est si floue que l’on peut compter les pixels (12, à tout casser, si bien que le film nunuche que j’ai tenté de voir semblait colorisé. Quand Julia Roberts ouvrait grande sa bouche, il était difficile de savoir s’il s’agissait d’un reportage d’Haroun Tazieff sur la Souffrière ou un extrait de Germinal.

Arriva l’heure du repas ; au choix : bœuf forestier dans sa mousseline fromagée ou pâtes en sauce. Pour moi, il n’y avait pas vraiment de choix et quand le stew me dit qu’il n’avait plus de bœuf, j’ai lui ai fait la baboune. Isabelle me dit qu’elle me donnerait sa salade, mais, moi, quand je fais la baboune, je fais la baboune ? J’eus raison et voilà que le stew se ravisa, s’enquit auprès d’une collègue et m’annonça avec un trémolo incompréhensible dans la voix qu’il avait mis la main sur dernier bœuf de l’avion. Le champagne m’a fait oublier assez vite l’incident et je pus enfin essayer de trouver une position pour dormir. J’ai bien dit essayer, parce que pour ce qui est de réussir, tintin ! J’ai toujours été émerveillé par la souplesse d’Isabelle quand, un pied sur la suce et l’autre sur le dash, elle conduit nos Soul, Sportage, Jetta, Centra et autres Golf, à tel point que je lui soupçonne parfois un passé de contorsionniste au cirque Medrano. Tandis que ma femme serpent (aie confiance…) était assoupie, de mon côté, je tentais en vain de me lover dans le petit espace qui m’était imparti. Dormir dans un avion en classe économique relève pour moi de l’exploit. Pire, la seule fois ou j’eusse pu dormir, nous voyagions en classe affaires, s’il vous plaît, je l’ai lamentablement gâchée en passant mon temps à jouer avec les commandes de mon siège-lit… et celles de mon voisin qui n’en demandait pas tant, à tester toutes les possibilités de ma console vidéo et à boire du champagne, tant et si bien que je suis arrivé à Paris aussi éreinté que si j’avais voyagé en classe économique avec la plèbe. Y a que les riches qui savent profiter de leurs privilèges !

Nous sommes arrivés à Paris à l’heure où Dutronc s’endort. Je ne sais pas pourquoi j’ai décidé de faire un Lionel de moi, mais en attendant qu’on vienne nous chercher, j’ai grillé une clope devant la porte 8 du terminal d’arrivée de Roissy-Charles-de-Gaulle. À moitié endormi, la barbe naissante et l’œil rouge j’essayais de reprendre forme humaine tout en regardant Isabelle qui avait le teint frais, l’oeil vif et bleu et la peau souple de celle qui s’apprête à présenter le journal télévisé. Mais comment font-elles ? Je pose la question : comment font-elles pour qu’au sortir d’un bref passage aux toilettes, aussi bref que le mien, elles changent littéralement de peau ? C’est probablement la mue du serpent.

J’avais à peine entamé ma clope quand notre cocher, le ci-devant Serge  Ironman™ Claverie, arriva en faisant hennir tous ses chevaux-vapeur. Isabelle le pria, il lui passe tout, de réfléchir où nous pourrions prendre un petit-déjeuner à la française avec de la bonne baguette croustillante avec du gluten mur à mur. Trop risqué de chercher un troquet parisien ce matin d’armistice. Il opta pour les bords de Marne. Nous parquâmes notre calèche dans une ruelle de St-Maur et entamâmes une petite promenade au bord du fleuve jusqu’au troquet convoité, une guinguette malheureusement fermée le matin. La Marne était encore dans sa couette de brume, tandis que mon esprit se désembrumait. Nous rebroussâmes chemin. D’un côté, la Marne, un chemin de terre sur lequel nous marchions, de l’autre côté, une ruelle et une rangée de maisons qui semblait avoir été le terrain de jeu                                   de quelques architectes qui avaient dû fumer de la bonne. Un ensemble hétérogène de mauvais goût, de m’as-tu-visme, de délire postmoderne et schizophrène. Le bouquet final se trouvait à l’entame du parcours où trônait une espèce de château fort au crépi saumon dans lequel on devinait une terrasse luxuriante aux balustres de béton pansus. À mi-chemin entre Kaamelott, Lawrence d’Arabie et le Parrain. Prétentieux jusqu’au bout des créneaux et paranoïaque jusque dans ses meurtrières.

Nous avons trouvé finalement notre bonheur, un bistro ouvert à quelques minutes de voiture de là. L’archétype du troquet de la banlieue. Manquaient que les œufs et le Viandox sur le zinc, autrement tout y était : un patron couperosé à moustache, L’Équipe qui n’en finissait plus de gloser sur la fessée de Monfils à Bercy, les piliers de bar et tout le toutim et surtout, comme par un fait exprès, un camion de livraison arborant les couleurs de Pelforth garé devant (ceux qui ont voyagé en France avec moi, et Sophie qui m’a connu jeune étudiant à Paris savent l’importance que j’accorde à cette bière à nulle autre pareille, une sorte de certificat de francitude pour moi : on ne peut être un honnête homme sans vouer un culte discret à cette bière lilloise). Isabelle trempa sa baguette beurrée dans son café et je l’enviai : foutu gluten !

Ironman™  démarra sa Renault Mégane et nous emmena jusqu’en Absurdistan, le temps d’une parenthèse plus grave dans ce voyage.

À la fin août, il y a tout juste deux mois, Jean-Pierre, un ami très cher d’Isabelle, un colosse auquel elle n’a jamais dit qu’elle l’aimait, lui, sa femme Nadine et son fils Philippe, par pudeur peut-être, mais surtout parce que cela suintait à travers le plaisir évident qu’ils avaient d’être ensemble, plaisir que j’ai lu sur leurs visages lorsque je les ai tous rencontrés pour la première fois l’été dernier, Jean-Pierre, disais-je, s’est  effondré dans son salon, terrassé par une rupture d’anévrisme.

Je l’avais rencontré pour la première fois au mois de juillet dernier autour d’un apéritif dans le jardin d’Ironman™, à Joinville-le-Pont.

On connaît tous ça : cette espèce de halo qui embrase une table au beau milieu de l’été au bord d’un lac, dans la cour arrière des maisons de ville ou l’hiver autour d’un repas chaud dans nos tanières surchauffées par les discussions, l’alcool et le sentiment d’appartenance clanique. Pas besoin de déclarations d’amour – les « je t’aime » sont des pléonasmes – les yeux, les rires et les coups de gueule en disent plus long que tous les appels évangéliques et sirupeux des grenouilles de bénitier de ce monde. Peut-être pardonnera-t-on à une Rémoise une réplique désormais célèbre : « et si c’était ça, le bonheur ! » Soit.

Les regards complices, le plaisir des retrouvailles, les roteuses qui défilaient sur la table, tout concourait à asseoir une amitié vieille de plus de trente ans. Je les observais avec envie et riais à l’évocation de leurs souvenirs dans lesquels je n’étais pas. Aucun indice de la tragédie qui surviendrait le mois suivant. Indestructibles, nous semblons tous l’être et pourtant…

Pourtant un jour d’août, Jean-Pierre s’est effondré dans ce salon où nous parlons de tout et de rien avec les rescapés de ce naufrage, évitant le tragique de la situation, mais pas les souvenirs d’un temps désormais révolu. Mais dans les beaux yeux fatigués de Nadine et les regards fuyants de Philippe, la tragédie était toujours là. Ces deux-là sont des béquilles l’un pour l’autre et tentent de se refaire une vie sans lui. Son absence est assourdissante. Elle résonne contre les parois du  salon où des photos de lui, le regard malicieux ou souriant de toutes ses dents sont accrochées. Elle résonne, cette absence, dans les non-dits et dans leur impossibilité de s’habituer à leur nouvelle situation. L’absence est encore plus retentissante à travers les objets fétiches de sa vie. Son casque de moto est toujours sur son bureau comme prêt à servir, sa veste de motard est encore suspendue dans le couloir qui mène aux toilettes. Je l’effleure en m’y rendant. L’empreinte de son corps se lit encore comme s’il s’agissait de l’armure d’un chevalier tombé au combat.

Le repas que nous dégustons est succulent, le bordeaux parfume nos palais et les langues se délient. Tandis que je m’endors dans un canapé du salon, les filles doivent se dire ce qu’elles ne pouvaient pas dire devant moi. Philippe est reparti après une chaude accolade vers son université, parce que la vie continue malgré tout. Promis, il viendra nous voir à Montréal l’été prochain avec sa mère, parce qu’ils ne sont plus que deux désormais. Ils font partie de ma famille et on ne peut que les aimer par la leçon qu’ils nous donnent, parce que l’histoire de cette mère et de son fils a vraiment commencé un matin du mois d’août quand Jean-Pierre s’est effondré.

Le temps d’un après-midi, les contours de Maison-Alfort ont dessiné les frontières de L’Absurdistan, mais je sais que ce pays-là change continuellement d’adresse, même si l’on tente tous de s’en éloigner le plus possible. Inextricable condition que la nôtre…

Ironman™ n’était plus là pour nous conduire, nous avons pris le métro pour rejoindre à Bagneux, Véronique, Alain et Marina. La fatigue nous a un peu saisis à l’heure de l’apéritif, ou peut-être était-ce le Buzet. Un bon repas, beaucoup de rires et au dodo. Ces deux-là, pour Marina c’est évident, font partie de la famille.

Dans le récit boucautien, il y a toujours un passage où il va déposer les petits à la piscine, dégazer du brut, faire une escale technique ou recycler le dîner. En un mot comme en cent, c’est l’épisode aux chiottes. Croyez-moi, je ne l’ai pas fait exprès, mais j’ai quelque chose à vous dire là-dessus. Je ne sais pas si ce sont les conséquences de tout voyage, mais il appert que cela arrive souvent durant les voyages à l’étranger. Faut dire que les avions c’est pas fait pour la grande gastronomie. Fini la diète, pas le choix. Mais en y réfléchissant bien, si vous additionnez le bœuf forestière et sa purée en sauce brune, le jello jaunâtre qui nous a été servi au dessert, quelques cacahuètes salées de notre ami Pierre de La Roche-sur-Yon (un ami de Mo de Toronto) pour faire passer le champagne en apéritif, j’en passe et pas des meilleurs, le cocktail, vous en conviendrez était assez explosif. Il fallait donc lâcher du lest. Et ça arrive toujours au plus mauvais moment, en courant pour Boucaut, chez des hôtes qu’on ne connaît pas bien pour moi. La plupart du temps, j’évite la grosse commission quand je ne suis pas chez moi. Mais là c’était parti pour une longue semaine  far from home.

C’est en Absurdistan que cela arriva. Assis sur le trône, j’envisageais la catastrophe et je me sentais probablement dans le même état que Paul Tibbets ce 6 août 1945, alors qu’il ouvrit la trappe de l’Enola Gay pour larguer Little Boy : la catastrophe était imminente et inévitable.

Elle fut à l’image, toutes proportions gardées, de ce que je redoutais. Blocage complet du siphon et montée des eaux troubles. Je sortis des toilettes et demandai à Nadine si elle possédait une ventouse. Sa réponse m’affligea et ce ne fut pas les quelques décilitres de Destoop qui lui restaient qui allaient faire descendre le niveau d’eau. Décision fut prise d’aller au supermarché du coin chercher du renfort (ventouse ou Destoop, même si je doutais fort que le produit miracle pût avoir de l’effet). Pas de ventouse, mais du Destop.

Devant les caisses du supermarché où d’innombrables clients faisaient la queue, les caddies débordants (sic), j’étais là avec mon Destop à me demander si celui — ci pouvait aussi faire effet sur les caisses.

Je déteste les supermarchés, parce c’est une loterie où je perds toujours. Pas étonnant qu’une chaîne s’appelle Casino en France. Tu arrives devant les huit caisses ouvertes, tu tentes d’estimer laquelle sera la plus rapide, tu t’avances doucement au cas où une autre caisse s’ouvre. Tu choisis finalement un numéro et tu te dis qu’il faut que tu t’y tiennes. C’est à ce moment-là qu’une nouvelle caissière arrive et propose à la cantonade de la rejoindre. Toi, coincé dans ta file, tu ne peux répondre à son appel et regardes, impuissant, les derniers de ta queue se faufiler vers l’ouverture et gagner du terrain sur toi. Quand c’est à ton tour, la louve SS brandit un panneau « Caisse suivante » et tout est à recommencer. Il n’y a rien de plus pervers.

Le système concentrationnaire est tellement bien fait qu’on t’invite même dans le pire des pièges, celui des caisses Express. La cruauté atteint à son acmé. La caisse Express est à la consommation ce que les urgences sont au système de santé. Figurez-vous que la préposée à la caisse Express doit aussi s’occuper des robineux qui viennent lui refiler les bouteilles consignées ramassées dans nos poubelles et vendre le Journal de Mourial à la petite madame qu’arrive pas à mettre la main sur sa monnaie et qui compte et recompte ses sous noirs jusqu’à ce que la caissière s’en saisisse d’autorité (la monnaie, pas la p’tite madame). Et quand, enfin, elle daigne s’occuper de ses clients pressés, ceux-ci fulminent déjà et rêvent de les faire rôtir, la caissière, la petite madame et le robineux, comme des Saint Laurent de supérettes sur le grill de leur impatience.

Devant moi, comme à l’accoutumée, un homme pousse un caddie chargé de toutes sortes d’articles : à vue d’œil, 18 paquets de pâtes et 20 pots de sauce tomate. Si je comte bien, ça fait 38 articles, 30 de trop.

- Hey mon tabarnak ! t’as-tu vu le panneau, mon ostie d’chien sale ? Ça a l’air que tu sais pas lire, sacrament ! c’técrit 8 articles max. La pognes-tu ? M’as t’montrer comment qu’ça fonctionne. Max, c’est pas l’chum de la caissière, ça veut dire « ma-xi-mum ». Pis toué t’en as 38  des articles, alors tu vas me faire le plaisir de rejoindre tes autres chums avec leurs caddies d’obèses.

Bien sûr, ce monologue reste intérieur parce que le moron devant moi mesure 6’ 3 ‘’, et que je suis toujours saisi de ce doute : se peut-il que les paquets de pâtes et les pots de sauce tomate ne soient finalement que deux articles différents ? D’où la question : qu’appelle-t-on un article ? Devant ce dilemme ma colère s’évanouit. Je remarque que les autres clients derrière moi se posent le même genre de questions et que tout le monde compte les articles des autres.

En Absurdistan, les supermarchés fonctionnent comme au Québec, seuls les sacres intérieurs diffèrent.

Me voilà enfin à l’air libre avec mon Destop superpuissant. Je cours jusqu’à mon Hiroshima et vide la bouteille dans le trône. Un phénomène étrange se produisit alors. Au lieu de chasser les résidus gastriques dans le siphon, ceux-ci se sont mis à faire des bulles comme si la surface bouillait. J’observais le phénomène à distance, craignant, après un tsunami, une éruption volcanique du plus mauvais effet. Je sortis des toilettes la tête baissée comme un chirurgien qui sort de son bloc sans avoir rien pu faire et s’apprêtant à annoncer la mauvaise nouvelle à la famille réunie. Mon visage changea soudain lorsque je vis Nadine armée d’une ventouse qu’elle me tendait, comme pour me dire qu’il y avait encore un espoir.

Deux petits coups de ventouse et tout fut oublié.

Mais la première chose que j’ai demandée à Véronique fut celle-ci :

- As-tu une ventouse ?

 Comme une majorité de Français, elle n’en avait pas. Je demande donc aux autorités de ce pays de bien vouloir doter chaque Français d’une ventouse. L’offre touristique s’en trouverait amélioré, pour le bonheur de la tourista.

 Ainsi se termine ce premier jour de voyage en Belgique, alors que nous n’avons même pas encore foulé le sol de ce plat pays. À l’inverse de Boucaut, je ne connais pas l’art de la concision.

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